Article intéressant, issu du Populaire (pour une fois ! ^^ )
Le procès de Laurent Martin, le meurtrier présumé de Karim Zaiter, le jeune homme tué le 24 décembre 2006 alors qu'il faisait du quad, a débuté ce mardi matin devant la cour d'assises de la
Haute-Vienne. Notre journaliste rend compte, heure par heure, de la première journée d'audience.
Une quarantaine de jeunes amis de la victime étaient présents dans la salle des pas perdus du Palais de Justice. Bon nombre d'entre eux portaient des tee-shirts portant des inscriptions "Justice
pour Karim". Un important service d'ordre avait également été mobilisé.
Avant le début de l'audience, la présidente de la cour, Éliane Renon, est venue à la rencontre des jeunes gens, pour leur demander de rester calmes et les inviter à retirer ou retourner leur
tee-shirt s'ils souhaitaient assister à l'audience. Celle-ci a pu alors commencer sans autre incident.
Tirage au sort des jurés. Deux femmes et sept hommes ont été tirés au sort ; Deux autres hommes ont été choisis. comme juré suppléant. Le jury populaire siège au côté d de la cour,
composée de trois magistrats professionnels et participera au délibéré sur la culpabilité et éventuellement la peine.
La soeur et une partie de la famille de la victime était présente sur le banc de la partie civile.
L'audience s'est poursuivie par la lecture de l'ordonnance du juge d'instruction renvoyant Laurent Martin devant la cour d'assises.
Ordonnance du juge d'instruction. Durant une heure, la greffière a donné lecture de l'ordonnance du juge d'instruction renvoyant Laurent Martin devant la cour pour y répondre du meurtre
de Karim Zaiter. Cette ordonnance relate les faits. Elle décrit Laurent Martin comme un homme à bout, le jour du meurtre, le 24 décembre 2006.
Avant de faire feu sur la victime qui faisait du quad sous ses fenêtres, il venait de se quereller avec son épouse. Le couple était sur le point de se séparer. Laurent Martin était épuisé, dormant
très peu en raison de travail d'agent de sécurité, soufrant d'une tension très faible. Selon sa femme, présent au moment du drame, il avait manifesté sa colère devant le bruit des quads.
Interrogatoire de personnalité. La présidente de la cour, Éliane Renon a commencé l'interrogatoire de personnalité de l'accusé, Laurent Martin. Avant de le questionner sur les faits qui lui
sont reprochés, la magistrale lui a demandé de raconter sa vie jusqu'au moment du meurtre. Âgé de 38 ans, il n'a pas connu de problèmes particuliers dans son enfance, en revanche, apprenti en
mécanique il n'est pas parvenu à obtenir son CAP.
L'accusé, 36 ans, habillé d'une veste de sport e, a évité de croiser les regards du public, gardant d'abord les yeux baissés puis tournés vers la cour pour répondre à la présidente, Éliane
Renon.
L'accusé au Front National « par curiosité »
La magistrate a parfois montré son agacement en raison des réponses trop brèves de l'accusé. Laurent Martin a parlé sa naissance dans les Ardennes, de ses "parents toujours très gentils", sa
scolarité médiocre avec des examens "quasiment tous loupés", puis son travail de nuit comme agent de sécurité à la gare de Limoges.
Il a aussi reconnu que sa femme, avec qui il a eu deux filles en 1993 et en 2003, parlait de divorce. L'enquête avait révélé que, le jour du drame, le couple s'était disputé. Questionné sur ses
opinions politiques, l'accusé a indiqué qu'il avait pris sa carte du Front national mais uniquement "par curiosité.
La passion des armes
Le jour de son arrestation, le 10 janvier 2007, un véritable arsenal avait été découvert dans son appartement, comprenant quatre pistolets, un revolver et plusieurs carabines. La carabine 22
long rifle ayant servi au coup de feu fatal avait été retrouvée au domicile d'un ami.
Les membres de son club de tir, à Chaptelat, ont été interrogés par les policiers. Selon eux, l'accusé était un "bon tireur". "Je suis plus précis au pistolet qu'à la carabine", a-t-il affirmé à
l'audience.
Le procès du meurtrier présumé de Karim Zaiter se poursuit ce mardi après midi devant la cour d'assises de la Haute-Vienne, avec la comparution de témoins de moralité.
Une audience "à guichets fermés"
Les auditions devraient se poursuivre mercredi avec également l'évocation des faits reprochés à Laurent Martin.
Le procès se déroule dans une salle d'audience comble. Pour des motifs de sécurité, le service d'ordre filtre les entrées et n'autorise l'accès du public qu'au fur et à mesure de la sortie des
personnes déjà présentes dans la salle.
Plus d'informations à lire dans les éditions du Populaire demain mercredi.
Bernard Bouillon
Le Populaire du Centre